Super Promo : double critique de doux EP’s.

Il est vingt-et-une heures pétantes, le dimanche quatorze octobre deux-milles-dix-huit, lorsque me vient l’envie d’écrire cet article. Je suis en train de manger un petit poisson pané, résumé du grand enfant que je suis, tout en écoutant Inner Feeling de Charles Irwin, après avoir passé la soirée à essayer de réviser mon cours d’Histoire Générale du Spectacle Vivant, sans pour autant réussir à m’y investir totalement.

Me vient donc cette révélation. Il fallait que je vous parle de, non pas un, mais de deux Eps, en même temps. Plongeons donc ensemble dans l’univers de l’Indie-Pop américaine bien underground comme il faut avec nos deux sujets du soir : « Fixie Wave », de Kalm Dog, et « Yrwin », le split EP réunissant Yrglow et Charles Irwin.

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Si vous n’avez pas entendu parler de ces deux disques avant de lire cet article, posté sur un obscur blog avec un nom évoquant un jeu de cour de récré, ça n’est pas très grave. En effet, « Fixie Wave » et « Yrwin » sont tous les deux sortis dans un certain anonymat durant l’été 2018, sur le label BirthDIY, succursale de Spirit Goth faisant la part belle aux artistes encore plus DIY que ceux signés chez Spirit Goth (Il faut le faire). Comprenez donc que ces deux EP’s sont composés et enregistrés dans des chambres et des garages, parfois par une seule et même personne, et respirent donc la musique produite à l’arrache, avec des guitares parfois crades mais qui ajoutent une autre dose d’amour aux chansons qui en sortent.


Commençons donc notre voyage par la Californie avec « Fixie Wave », l’EP de Kalm Dog, qui, comme son nom ne l’indique pas, n’est pas un chien calme mais Kris Nguyen, jeune américain composant des hymnes power-pop dans sa chambre à l’aide d’une guitare et d’un peu de MAO. Il a d’ailleurs sorti son EP le jour de mon anniversaire, ce en quoi je le remercie.

Les guitares qu’on peut entendre dans « Fixie Wave » sont acérées, acides même, mais réussissent à donner un côté très solaire à la musique, qui donne donc « la pêche », comme dirait un animateur de journal radio quinquagénaire voulant passer pour un jeune. Cette ambiance Lo-fi au possible est complétée dans certaines chansons par des petites notes de synthés plutôt cheaps, comme dans Lakitu ou à la fin de Fixie .

Façonnée par la culture jeux-vidéographique et internet, l’écriture de « Fixie Wave », comme beaucoup d’albums d’Indie-Pop, est introspective, et est le moyen le plus pratique pour Kris Nguyen de nous parler de ce qui l’intrigue dans la vie, que ce soit relations sociales de tout type ou encore pourquoi se mange-t-il toujours des carapaces bleues à 5 mètres de l’arrivée dans Mario Kart.

Car oui, Lakitu, mon coup de coeur de ce 4-titres, tire son nom des bestioles éponymes, celles qui sauvent votre voiture des griffes de l’eau lorsque vous décidez de vous aventurer en dehors des limites du circuit. Cette chanson peut donc se lire de deux façons différentes. Une première lecture, au sens littéral, qui donne l’impression qu’il rage légèrement sur le tracé infernal des circuits de Mario Kart 64, comme la plage Koopa, qu’il cite, ou bien encore LA ROUTE ARC-EN-CIEL (désolé, elle m’aura traumatisé sur ma DS).

Le second niveau d’appréciation des paroles de cette track, plus personnel, permet de nous faire ressentir ce qui lui arrive lorsqu’il tente de sortir de sa zone de confort mais que le monde extérieur lui fait rapidement regretter ce geste idiot…
Le clip de Lakitu est d’ailleurs composé d’images de jeux vidéos, incrustées sur un fond vert un peu mal réglé, devant lequel on voit Kris dans son plus beau tee-shirt Spirit Goth (j’ai le même sur mon étendoir à linge) jouer de façon alternative de la guitare et de la basse. Kalm Dog est en effet un artiste travaillant essentiellement seul, multi-instrumentiste, et cet EP très sympathique vient de chez lui à 110 %.


Passons maintenant à notre second EP du soir. Faisons un bond de 2788 miles selon Google pour atterrir en Floride, là où nous attendent métaphoriquement les gaillards de « Yrwin »,Split EP sorti le 18 juin, comme l’appel du Général de Gaulle, et fruit de la collaboration entre Yr Glow, groupe de surf-punk aux accents garage, sortes de Bad Pelicans yankees, et Charles Irwin, trio proposant un genre de lo-fi pop classique mais efficace.
Les deux formations floridiennes, elles aussi totalement DIY, se partagent donc chacune deux titres, Slowly et I Lost It In You pour Yr Glow, Evil Games et Inner Feelings pour Charles Irwin.

Yr Glow nous propose donc une musique directement inspirée des canons du surf-rock américains, comme FIDLAR ou les débuts de Wavves, et on imagine très bien les membres du collectif jouer leur rock débridé tout en chevauchant une planche à Satellite Beach, spot de surf bien connu de la côte du Sunshine State. Ces deux chansons sont parfaites pour un petit pogo entre potes, une bière à la main, entourant un groupe chantant/maudissant son ex, comme dans I Lost It in You.

Charles Irwin, lui (ou eux, vu le nom je ne sais pas si l’usage du pluriel est de mise), dévoile deux chansons radicalement différentes l’une de l’autre.Evil Games colle davantage avec le reste de la discographie du groupe, une Indie-Pop lo-fi, semblable aux classiques du genre, assez douce et reposante telle du Mac Demarco, parfaite pour une balade avec votre copine qui a écouté 3 fois Ode to Viceroy dans sa vie mais se croit être une edgielord.

Mais, la chanson qui m’a donné envie de vous parler de ces deux EP’s, c’est Inner Feelings.

Ici, Irwin nous offre de la Power-pop délurée, avec un rythme simple et entraînant, surtout ces petites notes de synthétiseur qui viennent recouvrir partiellement la guitare lors du refrain instrumental ainsi que ces espèces de maracas qui arrivent sur la fin, venus sublimer cette petite bombe musicale. Ce titre me donne une furieuse envie de me déhancher, que ce soit dans la rue, dans un ascenseur (je m’excuse à la mamie qui m’a vu faire une semi crise d’épilepsie dans un appartement à Belleville, j’écoutais juste de la musique). Semblant axée sur la prise de substances interdites par l’État Français afin d’oublier un être aimé, si j’arrive à bien comprendre les voix assez trashs grâce aux effets et filtres utilisés, Inner Feelings restera longtemps gravée au plus profond de votre cerveau, qui sera déjà bien haché par les deux EP’s que vous vous serez farcis après cet article.


Pour conclure, je vais faire du classique et j’espère que je vous aurait donné envie d’aller donner une chance à ces deux groupes, qui sont séparés par 3000 kilomètres d’une terre appelée les État-Unis mais réunis par un amour partagé, celui de faire du Lo-Fi qui déchire, ainsi que par le même label, BirthDIY, qui déchire lui aussi.

N’hésitez pas aussi à les soutenir sur leur Bandcamp (https://birthdiy.bandcamp.com/), ils le méritent.

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Merci de votre lecture, je vous aime presque autant que j’aime la musique.

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