Vansire – Angel Youth : la fougue de la jeunesse.

Pour commencer cet article, laissez moi vous raconter ma vie. Ce projet de blog, je l’ai en fait depuis plusieurs mois. La première fois que j’ai voulu le lancer, je n’avais qu’une seule idée en tête pour le premier article : Interviewer Vansire, duo de Dreampop venant du Minnesota, composé de Josh Augustin au chant et au synthétiseur et Sam Winemiller aux instruments à cordes, tout deux âgés de la vingtaine, qui se sont rencontrés au lycée et viennent de sortir leur nouveau LP, « Angel Youth ».

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Ils font les chauds, qui connaissent pas Julo. Ils m’ont lu sur FB, ils m’ont totalement snobbé ❤

Plein d’entrain et peut-être d’un peu de naïveté, je décide donc de leur envoyer un petit message sur les réseaux, afin de leur demander si il serait possible de leur poser quelques petites questions pour mon blog.
Leur réponse se tient en quelques lettres capables de faire lâcher à Niska quelques « Pouloulou » d’effroi : « Lu à (je sais plus quelle heure en fait, mais assez longtemps pour considérer ça comme un refus) ».

4 mois de dépression causée par cet échec (je rigole, surtout de flemme en fait) plus tard, je décide donc de m’attaquer quand même à « Angel Youth » car il est vrai que cet album, sorti le 26 avril 2018 sur le label Spirit Goth Records et second gros projet de Vansire après plusieurs EP et un premier LP en 2016, eh bah il est quand même vachement bon.

Si ce disque, dont le nom évoque la relative insouciance de la jeunesse, ne devait être défini par un seul et unique mot, celui si serait sans doute « Aube ».

Tout d’abord parce qu’ « Angel Youth » semble être l’aube de la carrière de Vansire, l’année et demi de travail qu’il aura demandé ainsi que sa qualité les mettra sans doute davantage en lumière et leur apportera la reconnaissance artistique qui leur permettra d’exporter rapidement leur belle musique au-delà de leur Minnesota natal.

Mais aussi parce qu’il évoque, dans sa musicalité et dans ses thèmes, tant l’aube que le crépuscule, des périodes où il ne fait pas tout à fait jour et pas tout à fait nuit, et où le soleil et la lune se battent en duel pour la maîtrise des cieux.

Les chansons qui le composent semblent faites dans une sorte de brume matinale traversée par les premiers rayons du soleil, les synthés de Josh Augustin arrivant à créer cette atmosphère si réconfortante et particulière, typique de l’Indie-pop de la côte Est des USA. Ce côté planant est accentué par une production totalement maison,de l’écriture au mastering, ce qui donne l’impression d’écouter une vieille cassette audio sortie du grenier de la maison de campagne de votre grand-père, celle qui est au bord d’un étang.

Les voix sont brumeuses elles-aussi, semblant éloignées de la réalité, d’une réalité qui semble effrayer et ennuyer notre duo, qui utilise la musique comme un échappatoire d’une Amérique sous Trump et d’un monde devenant de plus en plus inhospitalier pour les gens trop sensibles pour l’affronter, comme chez Vansire.

« Angel Youth » n’est, dans ses thèmes, jamais vraiment lumineux, mais jamais vraiment sombre non plus.

On peut d’ailleurs résumer une très grande partie de l’écriture du LP en une seule citation tirée d’Angel Youth, la chanson qui donne son titre au disque.

A hackneyed fool under fascist rule
Wasting days singing about his dreams

 

Si ce style de musique s’appelle Dream-Pop, aa n’est en efet pas pour rien. Nos deux jeunes américains consacrent en efet la plupart de leur temps sur Terre aux rêveries, allongés sous les nuages du Midwest, qu’ils tentent de retranscrire ensuite dans leurs paroles.

Ces deux thèmes sont d’ailleurs tellement récurrents dans « Angel Youth » qu’ils en ont même fait un petit meme sur leur compte Instagram. Passant leurs journée à moitié endormis, ils rêvent d’un monde plus accueillant, apaisant, comme dans Wonderland (« it’s seems so real to me. », laissant penser que ce rêve lucide leur donne une illusion de la réalité) ou About The World (« In transit I pretend it’s a lucid dream », qui rejoint la précédente idée), d’amour, comme dans Brown Study, mon plus gros coup de cœur de l’album, qui raconte un voyage mi réel-mi imaginaire du chanteur à New York, pour y retrouver la fille qu’il aime, d’une vie de vadrouille dans Angel Youth, ou bien encore d’astres spatiaux, comme dans Star Catcher ou Moon Hit.

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Mais quand leurs rêves s’estompent et que la réalité frappe à leur porte, les chansons de Vansire deviennent soudain plus mélancoliques, et commencent à aborder des thèmes comme la solitude, l’anxiété et la dépression, que l’on retrouve dans de petits bijoux comme KW ou Set Piece, qui arrivent à évoquer avec finesse ce sentiment étrange de ne pas vivre dans un monde qui nous correspond vraiment.

 


 

 

Mais ce qui fait que « Angel Youth » se démarque grandement de ses « concurrents » d’Indie-pop, c’est la grande variété, et même la prise de risques, des collaborations qui composent la moitié de ses titres. Outre celles avec d’autres artistes émergents du même mouvement artistique qu’eux, comme Paul Cherry, Fog Lake ou encore Floor Cry, les garçons de Vansire ont invité des rappeurs locaux à poser leurs lyrics sur de la Dream-pop, ce qui donne un cocktail étonnant mais qui fonctionne très bien, surtout sur des musiques comme Wonderland, Starcatcher ou encore Set Piece, qui contient un beau couplet slammé. Ce très bon mariage est accentué par les talents de beatmaker de Josh Augustin, qui a réussi à adapter avec brio ses instrumentales aux flows des participants à cette expérience.

Si les garçons de Vansire continuent sur leur lancée, nul doute que ce groupe pourra rejoindre les classiques de la Dream-pop contemporaine, aux côtés de DIIV, Wild Nothing ou encore Beach Fossils, le trio New Yorkais emmené par Dustin Payseur étant d’ailleurs une influence assumée par nos deux tricoteurs de mélodies.

Si vous vous sentez un peu triste et voulez du réconfort, nul doute qu’ « Angel Youth », avec sa douceur nostalgique, saura vous faire passer un agréable et apaisant moment lorsque vous déciderez de l’écouter. Il fait exactement le même effet lorsque tout va pour le mieux dans votre vie, c’est pas beau ça ? Vous avez là l’album parfait pour terminer votre été et débuter l’automne, saison qui lui colle parfaitement.

 

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